Vers une première année mutualisée
À partir de septembre 2009, les étudiants en médecine, odontologie, maïeutique et pharmacie pourraient partager leurs amphithéâtres. La rentrée 2009 devrait en effet marquer l’entrée en vigueur de la première année d’étude commune à ces quatre disciplines. Une étape symbolique dans la mutualisation des enseignements de santé.
La toute « 1re année de santé »
À la prochaine rentrée universitaire, les étudiants de quatre cursus de santé feront « année commune ». En effet, la loi votée fin 2008 par l’Assemblée nationale* a instauré le principe d’une première année d’étude commune aux étudiants inscrits en médecine, odontologie, maïeutique et pharmacie. Sur le terrain, la nouvelle autonomie attribuée aux universités (loi LRU) permet toutefois à chacune d’entre elles d’instaurer dès la rentrée 2009 cette nouvelle 1re année en fonction de ses moyens (nombre de places en amphithéâtre…).
Sécuriser les cursus de la santé
Pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’objectif de ce nouveau cursus commun est de limiter le nombre de redoublements à l’issue de la 1re année. Les étudiants réorientés à la fin du 1ersemestre ou de la 1re année pourront ainsi compléter leur formation scientifique avant de se réinscrire ultérieurement en 1re année d’étude de santé.
Un socle commun
La 1re année de santé se caractérisera par un tronc commun de connaissances scientifiques fondamentales. À son terme, les étudiants des quatre disciplines devront avoir acquis, par concours, un total de 50 crédits communs (ou ECTS pour European Credit Transfer System) et de 10 crédits spécifiques (voir « Témoignage »). Pour réussir leur 1re année, les étudiants en pharmacie devront donc valider les matières du tronc commun, ainsi qu’un sous-groupe de matières propres.
De nouveaux partenariats pour la santé
La 1re année commune rentre en fait dans le cadre d’une réforme nationale des cursus de santé impliquant une vaste refonte des enseignements. La Commission de pédagogie nationale des études pharmaceutiques (CNEP) s’efforce ainsi d’actualiser le programme des études de pharmacie – qui, à ce jour, fait toujours référence à l’arrêté de juillet 1987 – en fonction de l’évolution des métiers de la pharmacie. À terme, l’objectif des pouvoirs publics est d’accélérer la mutualisation des enseignements de santé en créant notamment d’autres passerelles entre les licences et masters de pharmacie, de médecine ou même d’écoles d’ingénieurs. Les étudiants en médecine, pharmacie, odontologie ou maïeutique devraient donc s’attendre à de nouveaux rapprochements de leurs disciplines et pourraient trouver une application dans le partage et la délégation de compétences.
* Une fois examinée par l’Assemblée nationale, la loi doit être approuvée par le Sénat pour être adoptée.
Témoignage de Jean-Paul Belon, Vice-Président de la Commission de pédagogie nationale des études pharmaceutiques (CPNEP)
« En France, trois commissions ont planché depuis 2002 sur la convergence des études de santé. La 1re année commune a été définie grâce au dernier rapport rendu par Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dirigé par Valérie Pécresse. Il s’agit en fait d’un premier pas vers l’harmonisation des études scientifiques en Europe. La France, comme ses homologues de l’Union, souhaite adapter progressivement ses cursus de pharmacie ou de médecine de manière à dynamiser les échanges universitaires entre les pays européens. »
Mise à jour : février 2009.
Source : Pharmag n ° 16.



