Un nouvel horizon pour vos études !

Stage ou échange à l’étranger, de deux mois à une année… De nombreuses options s’ouvrent aux étudiants qui rêvent de nouveaux horizons. En Europe, le dispositif des crédits ECTS leur permet d’obtenir des équivalences pour valider leur expérience. Explications.

Cursus et crédits

« L’Europe des études » est véritablement formalisée, depuis dix ans, avec le programme Erasmus et le système de crédits ECTS (European Credit Transfer System). Ce dispositif de transfert et d’accumulation de crédits, transposé en France via la réforme LMD*, permet l’équivalence des diplômes entre les 27 pays membres. Grâce à lui, tout étudiant peut postuler dans une université européenne pour effectuer un stage ou une année d’études. «Un an d’études représente 60 crédits, soit environ 600 heures, sachant qu’un crédit ECTS peut correspondre à un volume de 8 à 12 heures », explique le Professeur Gilles Duverlie, doyen de la faculté de pharmacie d’Amiens.

Quand partir ?

En théorie, il est possible d’effectuer un stage ou une année à l’étranger à n’importe quelle étape de ses études. Si certains étudiants en pharmacie partent dès la 3e ou 4e année pour des stages en officine, la plupart tentent généralement l’expérience internationale en 5e année. «À ce stade, nombre d’entre eux postulent dans des établissements anglais, espagnols ou allemands pour effectuer leur stage hospitalo-universitaire. La deuxième grande filière concerne l’industrie du médicament, qui offre des possibilités de stages dans les laboratoires internationaux », indique Gilles Duverlie. Enfin, d’autres cursus comme le master 2 — qui requièrent un stage professionnel ou de recherche de six mois — se prêtent également très bien aux expériences extranationales.

Bien se préparer

Chaque université entretient des partenariats avec certaines facultés et entreprises. Comment choisir? Consultez le bureau des relations internationales. Il vous donnera les clés pour obtenir les équivalences de vos UV (en nombre de crédits ECTS) et les aides financières. «Une année dans une université européenne coûte cher ! Commencez donc par frapper à la porte des organismes européens ou de votre conseil régional pour obtenir autant de bourses et de coups de pouce que possible », conseille Gilles Duverlie. Le partage d’expérience est enfin un autre élément clé d’une bonne préparation : «Dans un premier temps, tout cela peut paraître compliqué… Discuter avec le responsable des échanges internationaux et d’autres étudiants m’a aidée à prendre une décision », confie Margaux Meyer, de retour de stage en Finlande.

* Licence, Master, Doctorat. 

 

Témoignage de Margaux Meyer, en 6e année à la faculté de pharmacie de Strasbourg, de retour de stage à Helsinki, Finlande

« C’est en participant à la “journée de la mobilité” qu’organise tous les ans la faculté, que je me suis dit “pourquoi pas moi?”. L’un des objectifs premiers étant d’améliorer mon anglais, indispensable en filière industrie, mon choix s’est porté sur les pays nordiques. J’ai été accueillie cet été pendant trois mois au sein du laboratoire de la division des technologies pharmaceutiques de la faculté de pharmacie d’Helsinki. Ce stage m’a permis de tirer le meilleur parti des connaissances et spécialités de chaque membre de l’équipe, et d’apprendre de nouvelles techniques de formulation et de dosage. J’ai aussi rencontré beaucoup d’autres étudiants (allemands, serbes, portugais…). Échanger nos points de vue a été très enrichissant. Je suis réellement enchantée par cette expérience! »

Charlotte Duverlie, interne en biologie médicale, a effectué son stage de 5e année à Barcelone, Espagne

« Pour valider mon année de Master 2, j’ai choisi d’effectuer un stage au sein du laboratoire de l’hôpital Vall d’Hebron à Barcelone. Très réputé, cet établissement a l’avantage de combiner environnement international et recherches médicales pointues. L’organisation de mes journées était idéale : travail à l’hôpital le matin et cours d’espagnol à l’Université de Barcelone l’après-midi. Hormis quelques difficultés d’ordre pratique (trouver un logement à proximité de l’hôpital), cette expérience s’est révélée extrêmement positive. Mon stage est tout autant reconnu qu’une expérience en France, grâce au système d’équivalence ECTS, et j’ai pu recueillir, auprès de chercheurs de toutes nationalités, des informations précieuses pour enrichir ma future thèse. »

Camille Bonnet, en 5e année à la faculté de pharmacie de Strasbourg, filière industrie-recherche. Il a passé une année Erasmus à Barcelone, en Espagne

« En 3e année j’ai eu connaissance de partenariats existant entre ma fac et plusieurs universités européennes. Tenté par une 4e année à l’étranger, j’ai décidé de rencontrer le coordinateur des échanges Erasmus. D’emblée il m’a informé des possibilités et démarches à suivre. D’abord, décider de la destination. Par affinité avec la langue, mon choix s’est porté sur Barcelone. Ensuite, vérifier l’équivalence entre les cours ouverts par l’université d’accueil et ceux proposés par la fac. Une tâche ardue… j’ai dû pour cela traduire et faire valider tous les programmes de 4e année par les professeurs et responsables d’Unités d’enseignement ! Enfin, remplir les dossiers pour concrétiser la demande d’échange avec l’université choisie. La fac de Barcelone a été très réactive. Le bilan de mon expérience internationale ? J’ai pu perfectionner mon espagnol et amélioré ma capacité d’adaptation, mais rétrospectivement le plus enrichissant a été de m’ouvrir à une nouvelle culture. Deux bémols cependant : les formalités administratives sont parfois contraignantes et, les modalités d’enseignement et d’évaluation étant encore différentes d’un pays à l’autre, la charge de travail peut être très lourde. Le système gagnerait à être plus flexible ! »

 

Mise à jour : octobre 2009.

Source : Pharmag n° 18.