L'humanitaire, de la passion et des émotions !

Avec de la rigueur, de la volonté et de la passion, chacun peut s'impliquer dans l'humanitaire. La preuve avec Hélène Bachelart, 27 ans, une jeune diplômée qui donne de son temps pour les autres.
Quel est votre parcours d'étudiante ?
Je suis issue d’une famille d’ingénieurs et le métier de pharmacien était pour moi inconnu. Après le bac, j'ai choisi naturellement les classes préparatoires. Mais trois années plus tard, j'ai décidé de refuser l’intégration aux grandes écoles pour repartir de zéro, à la fac. Après six années passées à la faculté de Paris XI en section officine, j’ai ensuite postulé au diplôme universitaire (DU) de Pharmacie et Aide Humanitaire à Caen (1). C’est là-bas que j’ai effectué ma thèse d’exercice. J'ai fini mes études en juin dernier.
Pourquoi vous êtes-vous réorientée pour choisir la pharmacie ?
Le métier de pharmacien, ça me semblait quelque chose de polyvalent et concret ! On me donnait l’opportunité d’allier mes compétences techniques et commerciales tout en étant acteur de la santé publique.
Vous êtes impliquée dans l'humanitaire. Comment cela est-il arrivé ?
L’humanitaire a débuté pour moi sur les bancs de la fac. C’est là que j’y ai pris goût, au sein de l’association humanitaire de la fac. Ce fut mon premier périple humanitaire. Nous sommes partis au Togo pendant un mois pour faire de la prévention contre le Sida, contre le paludisme ainsi que du soutien scolaire. Une expérience riche en apprentissage et en émotion ! Après mes études, j’ai voulu poursuivre cette action d’une manière plus professionnelle. C’est ce qu’offre le DU PAH de Caen : une belle porte d’entrée pour les pharmaciens tentés par cette expérience.
Vous êtes ensuite repartie, plus longtemps...
Suite à la formation théorique du DU PAH, chaque étudiant est affecté à une mission. PAH se charge de fixer les objectifs de la mission et d’encadrer chaque participant. Je suis partie pendant quatre mois : ma mission portait sur le programme VIH/Sida dans une région du Sénégal, la Casamance.
Qu'avez-vous fait sur place ?
Le constat était alarmant : l’approvisionnement en médicaments antirétroviraux (ARV) posait défaut. Chaque pharmacien connaît l’importance de l’observance dans les traitements. Dans le cas du VIH, c’est un impératif. Mon travail était de pallier aux problèmes de ruptures de stocks. Cela s’est traduit par l’élaboration d’un tableau de bord des stocks et besoins en ARV de l’ensemble de la région, de procédures, de systèmes d’alerte, etc. Le travail change radicalement d’une mission à l’autre : réglementation, approvisionnement, formation... c’est là un point très intéressant.
Vous êtes maintenant diplômée, et vous avez décidé de poursuivre votre activité dans l'humanitaire...
Oui, je continue mon action humanitaire en soutenant les étudiants du DU PAH. Il s’agit de concevoir de nouveaux projets, évaluer les missions et soutenir les diz-huit pharmaciens qui sont sur le point de partir dans sept pays du monde. Un travail de bénévole à plein temps ! En particulier, je suis pharmacien référent des projets au Togo et consultante pour le Ministère de la Santé du Togo.
Vous êtes d'ailleurs sur le départ...
PAH envoie cinq pharmaciens au Togo, sur le terrain. Je suis là pour les aider dans le démarrage de leur mission respective et les présenter aux partenaires. C'est crucial en Afrique... Je pars pour deux semaines à la mi-novembre, mais les pharmaciens resteront six mois.
Voulez-vous faire de l'humanitaire votre métier ?
Bien que passionnée par le métier de pharmacien humanitaire, je reste attachée à la pharmacie d’officine. J’ai le désir ambitieux d’allier les deux. Avec de la motivation et un bon sens de l’organisation, cela me semble réalisable et j'y travaille.
Quels sont vos conseils pour les étudiants qui souhaitent s'impliquer et aider ?
Issus de l’officine, de l’industrie, du milieu hospitalier, jeune ou plus âgé, le DU PAH ouvre ses portes à tous et c’est un merveilleux tremplin pour s’engager dans l’humanitaire pour un mois ou pour la vie. Le travail ne manque pas… et on peut encore en vivre ! Néanmoins, c’est un métier qui comporte de nombreux sacrifices et comme on peut s’en douter, pour ceux qui veulent s’enrichir et capitaliser, s’abstenir !
(1) Le DU a donné son nom à l'association Pharmacie et Aide Humanitaire (PAH), créée par le fondateur de l'ONG Pharmaciens Sans Frontières.
>Pour en savoir plus sur le DU PAH et l'association, cliquez ici :
http://www.unicaen.fr/pharmacie/
http://www.pharmahuma.org/pah/?page_id=2



