Le rural, c'est génial !

Aurélien Meunier Pharmacien à Saint-Florine (Haute-Loire)

Ringard de s'installer en zone rurale ? Au contraire ! Rencontre avec Aurélien Meunier, 28 ans, installé depuis un peu plus d'un an en Auvergne. Pour lui, le quotidien rime avec plaisir.

Quel est votre parcours depuis la fin de vos études ?

J'ai passé ma thèse en juin 2008 puis j'ai travaillé dans une pharmacie pendant trois ans, en tant qu'assistant, dans la même officine où j'avais fait mon stage de sixième année. J'ai eu ensuite l'opportunité de m'installer à Sainte-Florine, un village de 3500 habitants en Haute-Loire, dans un bassin minier.

Pourquoi vous êtes-vous installé dans ce village... Le goût des zones rurales ?

Sainte-Florine est mon village d'origine, et en mai 2010, j'ai eu l'opportunité de m'associer avec ma mère, qui tient une des deux pharmacies du village. La pharmacie appartenait déjà à mon grand-père. Ma mère me passe le relais car elle partira bientôt en retraite. Après la fac, mon idée était déjà de m'installer en zone rurale, pas forcément dans ce village, mais avec le recul je me dis que j'ai fait le bon choix. Je m'éclate là où je suis !

Comment s'est déroulée votre reprise ?

L'installation s'est très bien passée car je connaissais déjà l'endroit bien sûr, et les préparatrices, qui sont au nombre de trois, ainsi que beaucoup de clients qui me connaissent depuis que je suis petit ! Le défi était de véritablement m'approprier l'officine. J'ai changé pas mal de choses à mon arrivée en ce qui concerne l'organisation et les achats. J'ai étudié où il était possible de mieux acheter et mieux vendre pour faire des économies et pour développer l'affaire.

Même dans un village de 3500 habitants, il y a des axes de développement ?

Bien sûr ! J'ai passé mes diplômes universitaires en orthopédie, maintien à domicile (MAD) et homéopathie. En l'espace d'un an, j'ai développé une clientèle fidèle en homéopathie, notre chiffre d'affaires à fait un bond énorme dans ce secteur. Cette année, je me suis inscrit au DU de phytothérapie pour me développer sur le marché des huiles essentielles, qui est en pleine expansion. Ceci me permettra de compléter mes conseils associés avec l'homéopathie. Les médecines naturelles m'intéressent. J'envisage maintenant de développer un peu plus mon rayon micro-nutrition. Les préparatrices de ma pharmacie ont d'ailleurs été formées.

Plus d'un an après votre installation, quel bilan tirez-vous ?

Il est extrêmement positif. Je suis parvenu à augmenter le nombre de client/jour et mon chiffre d'affaires, et j'adore mon quotidien. Je touche à la fois au commercial, à la gestion et bien sûr au conseil : je passe la majorité de mon temps derrière le comptoir, j'adore ça ! Mais il reste encore beaucoup de choses à faire et à apprendre !

Quelles sont les spécificités du métier en milieu rural ?

Je trouve important, en tant que professionnel, de favoriser et de développer le maintien à domicile des patients et dans le milieu rural, cela a encore plus de sens. C'est une conviction. J'aime aussi prendre le temps d'aller chez les gens. En ville, c'est plus difficile.

Donc pas de regret de ne pas être en ville ?

Pas du tout ! Ici, il y a un véritable lien avec les gens, avec les patients. Quand je vais à la boulangerie, je croise toujours quelques patients : on s'arrête, on discute... C'est agréable. Je ne me verrais pas du tout exercer dans une pharmacie de centre commercial ! D'un point de vue personnel, j'habite à Clermont-Ferrand, et je fais la route tous les jours, soit 120 km aller-retour, mais c'est un choix, et ça m'offre un bon équilibre de vie.

Où avez-vous fait vos études ?

J'ai fait toutes mes études à Clermont-Ferrand. J'ai bien profité de mes années étudiantes et je me suis engagé en étant trésorier du bloc santé, grand maître de la confrérie de la Faluche et aussi membre du conseil de gestion de la faculté. Je me suis également impliqué au niveau national, au sein de l'ANEPF. Ceci m'a permis de faire énormément de rencontres, et je garde un excellent souvenir de ces années-là. La fac m'a bien préparé au monde professionnel, même si la formation manque peut-être un peu de conseils de gestion et de psychologie, pour accueillir les patients au mieux.

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes diplômés qui souhaitent eux aussi s'installer ?

Qu'il est important de se faire une expérience avant de se lancer à son compte, car ça donne une véritable impression du métier, des difficultés. Et puis qu'il faut être persévérant et ne pas avoir peur de travailler dur. Même si ça fait un peu peur, c'est bien de se lancer à son compte, ça vaut le coup !