La carte vitale version 2

Équipée d’une photo, elle bénéficie d’une mémoire supérieure et d’une protection renforcée des informations relatives à l’assuré. D’ici 2010, les pharmaciens seront en première ligne de son déploiement.

Depuis sa création en 1998, la carte Vitale est devenue le sésame incontournable des assurés dans leurs démarches médicales, notamment auprès des pharmaciens. Toutefois, les limites de la première carte ont poussé le Gouvernement à lancer en 2004, dans le cadre de la réforme de l’assurance maladie, la carte Vitale 2 dont le déploiement va maintenant s’étaler pendant les quatre prochaines années. Sur le terrain, chaque assuré pourra, dès réception de sa nouvelle carte, la mettre à jour dans l’un des mille guichets automatiques des caisses d’assurance maladie ou via les 23 700 appareils de mise à jour disponibles en pharmacie.

Les nouveaux services de Vitale 2

Vitale 2 dispose d’une capacité de mémoire de 32 ko (contre 4 ko pour l’ancienne). Un espace qui lui permet d’héberger de nouvelles informations, comme la mention du médecin traitant déclaré qui sera intégrée à l’automne 2007. Vitale 2 est également conçue pour recevoir d’autres informations, telles que les coordonnées de la personne à prévenir en cas d’urgence ou le don d’organe. Le Gouvernement prévoit par ailleurs d’utiliser la mémoire disponible de la carte pour y intégrer, à terme, d’autres informations comme le dossier médical et le dossier pharmaceutique de l’assuré… 

Une carte personnalisée pour éviter la fraude

La carte Vitale 2 dispose d’une sécurité renforcée pour l’authentification de son porteur. Elle est ainsi la première carte à puce conforme au standard défini par l’État pour l’administration électronique. L’ordre de présentation des données est modifié pour mettre en avant le prénom, le nom, le numéro d’immatriculation et la photo d’identité de l’assuré, qui la personnalise tout en réduisant les fraudes. Des fraudes dont l’Assurance maladie estimait le montant à 120 millions d’euros en 2006! Enfin, pour faciliter son identification par les non-voyants, le « V » de Vitale en braille est écrit sur la nouvelle carte.

59 millions de cartes remplacées d’ici à 2010

La diffusion de la carte Vitale 2 à tous les assurés va s’étaler jusqu’en 2010. Les premières sont diffusées depuis mars aux assurés de Bretagne et arriveront prochainement dans les mains des assurés des Pays de la Loire. Cette diffusion concerne d’abord les bénéficiaires qui n’ont pas de carte Vitale (nouveaux bénéficiaires, jeunes de 16 ans…) et les remplacements de cartes perdues, volées ou défectueuses. Le renouvellement des 59 millions de cartes Vitale actuelles se fera ensuite, à partir de l’automne 2007. Les assurés seront sollicités en fonction de la date d’émission de leur carte.

Comment obtenir sa nouvelle carte ?

Chaque assuré recevra par la poste le formulaire « Ma nouvelle carte Vitale », dans lequel il vérifiera ses informations, collera sa photo et qu’il signera avant d’y joindre une photocopie de sa carte d’identité et de renvoyer le tout à l’Assurance maladie. Après vérification de la photo envoyée, celle-ci sera numérisée pour être insérée sur la carte et dans la puce. La carte sera ensuite adressée par voie postale à l’assuré dans un délai d’environ trois semaines. Attention, la photo de taille 35 x 45 mm devra être prise en couleurs, de face, sur fond clair, tête nue et visage centré. Enfin, chaque assuré devra, une fois sa nouvelle carte en main, invalider l’ancienne sur un point de mise à jour, la carte Vitale 2 ne pouvant fonctionner que si cette étape a été réalisée.

 

Bon à savoir

  • 213 274 professionnels de santé (74 %) sont équipés pour utiliser la carte Vitale 2. •Le coût de production unitaire d’une carte Vitale 2 est de 2,70 € contre 3,66 € pour la carte Vitale 1 !
  • 97 % des assurés trouvent la carte Vitale utile et 99 % la jugent pratique.
  • Chaque année, l’Assurance maladie traite plus de 1 milliard de demandes de remboursement.
  • L’Assurance maladie estime la fraude au système de santé à 120 millions d’euros en 2006.

* Source : Assurance maladie.

Les + de la carte Vitale 2

  •  Amélioration du chiffrement des données.
  •  Augmentation de la capacité de mémoire de la puce (32 ko au lieu de 4 ko).
  •  Intégration de la photographie de son propriétaire.
  •  Insertion des noms du médecin traitant et de la personne à contacter en cas d’urgence.
  •  Possibilité d’inscrire l’autorisation du don d’organe (bien que la demande à la famille de la personne concernée soit toujours de mise).

 

 

Témoignage d’Alain Guilleminot, Président du syndicat des pharmaciens de Loire-Atlantique

Qu’est-ce qui a motivé le passage à la carte Vitale 2 ?
« En fait, la première carte Vitale a bien rempli son rôle d’identifiant du patient en regroupant des informations essentielles comme le numéro de Sécurité sociale, la date de naissance ou les affections de l’assuré. La carte Vitale 2 constitue donc une optimisation naturelle de cet outil avec des nouveautés comme la photo du porteur, une protection renforcée des informations et une capacité de stockage bien plus importante ! »

Est-ce que les pharmaciens sont prêts à recevoir la version 2 ?
« Tout à fait, car la plupart des lecteurs de cartes Vitale des pharmacies sont déjà compatibles avec la carte Vitale 2. Par ailleurs, elle devrait rapidement devenir une assurance supplémentaire pour les médecins et pharmaciens puisqu’elle pourra contenir le dossier médical du patient et, à terme, son dossier pharmaceutique. Autant d’informations qui nous permettront d’assurer un meilleur suivi des prescriptions. »

La photo vous permettra-t-elle aussi d’identifier les fraudeurs ?
« La photo aura certainement un effet dissuasif, mais pour le pharmacien, cela ne changera rien. Nous ne sommes pas des gendarmes ! Dans ma pharmacie, plusieurs personnes âgées confient par exemple leur carte à des proches pour récupérer leurs prescriptions. À l’avenir, je vais donc continuer à vérifier si l’identité de la carte correspond à celle de l’ordonnance, mais je ne me lancerai pas dans la chasse aux fraudeurs… »

 

Mise à jour : octobre 2007.

Source : Pharmag n° 12.