30 ans d’expérience dans la distribution pharmaceutique

Jean-Luc Delmas est entré à l’OCP en 1978. Loin de la route toute tracée, son parcours professionnel a été jalonné de missions diverses qui ont fait de lui un véritable expert dans le domaine de la distribution pharmaceutique. Aujourd’hui directeur de la communication institutionnelle et des affaires publiques de l’OCP, il nous fait partager son expérience.
Quelles sont les différentes missions que vous avez assumées dans votre longue carrière ?
« Après mes études de pharmacie, j’ai travaillé un an en officine, mais je m’y sentais un peu à l’étroit. En 1978, j’entre par hasard à l’OCP. Très vite, on me confie la direction d’établissements, puis de la région Normandie. En 1988, je deviens directeur des achats au siège de l’OCP à Paris. J’ai ensuite élargi mon périmètre en manageant plusieurs filiales européennes, une expérience particulièrement enrichissante. En 1997, je quitte l’OCP pour découvrir l’industrie pharmaceutique au sein du groupe Rhône-Poulenc. Ma mission : augmenter la performance de la distribution en France et dans le reste de l’Europe. Après six ans là-bas, j’ai rejoint CSP, le leader français des dépositaires, pour m’occuper du développement et de la communication. Puis je suis finalement revenu à l’OCP comme directeur de la communication institutionnelle et des affaires publiques, une mission qui met à profit mon expérience en tant que professionnel de la distribution et membre du bureau du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. »
Avec trente années passées dans la distribution pharmaceutique, quel regard posez-vous sur le secteur ?
« Le secteur en lui-même n’a pas tellement changé, il réunit des profils de personnes assez semblables qui partagent une culture de l’écoute et du service. Le métier a quant à lui beaucoup évolué. Il y a trente ans, le distributeur répondait aux demandes des clients sans avoir besoin de beaucoup de moyens, c’était finalement un métier de bon sens. Aujourd’hui, le métier est devenu plus technique, il s’est professionnalisé. D’autre part, nos concurrents ne sont plus seulement les distributeurs, mais aussi les acteurs de la vente directe et les groupements. Il s’agit aussi d’accompagner le pharmacien en lui proposant des formations et des services adaptés. Ce nouveau contexte a permis une ouverture du secteur qui fait appel à de nouvelles compétences, comme celles liées au marketing. »
La distribution, c’est un métier d’avenir selon vous ?
« Sans aucun doute. Le rôle d’interface entre l’industrie et la pharmacie, tenu par la distribution, existera toujours. Certes, elle devra s’adapter à un contexte qui évolue, avec par exemple l’arrivée des ventes sur Internet, mais elle restera toujours au cœur d’une chaîne dans laquelle sa mission sera indispensable. »
Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui s’intéresserait à ce métier ?
« Je pense qu’il est important de passer quelques jours dans un établissement pour se rendre véritablement compte des enjeux de ce métier. Pour l’exercer, il faut avoir un certain esprit d’aventure, un goût pour la prise de risques. Il est également important d’avoir une solide culture du résultat. Ce métier peut paraître difficile, mais il apporte une vraie satisfaction quand on arrive à relever les défis qu’il recèle. Et des défis, il y en a tous les jours dans la distribution ! »
La répartition en quelques chiffres
Chaque année, le marché de la répartition pharmaceutique représente un chiffre d'affaires d'environ 16 milliards d'euros. En mars 2009, OCP Répartition possédait 36,4 % de parts de marché nationales, en 1ère place devant Alliance Healthcare France (26,6 %) et Astera (15,3 %).
L'industrie pharmaceutique compte 337 laboratoires fabricants. Leur production est partagée entre 11 grossistes répartiteurs, 22 561 pharmacies métropolitaines, 2856 établissements hospitaliers et cliniques pour répondre au besoin final des 60 millions de patients consommateurs (Source : GERS).



