Pharmacien en cosmétologie


Stéphanie Machon
Pharmacien en cosmétologie

Pharmacien en cosmétologie

Après six ans d’expérience dans les matières premières, Stéphanie Machon a participé en 2001 à la création de son entreprise de cosmétique Cosnessens. Vive et passionnée, elle codirige une équipe d’une dizaine de personnes qui développe des produits pour différentes marques. Gros plan sur un parcours placé sous le signe de la curiosité.

  • Vous êtes diplômée de la faculté de pharmacie de Lille et titulaire du DESS de cosmétologie de l’IPIL. Pourquoi avoir choisi cette voie ?
    « Dès la Terminale, j’ai voulu trouver ma place au coeur des grandes marques de cosmétique. Sans connaître encore les aspects passionnants de ce secteur, je me suis renseignée auprès des laboratoires sur la meilleure filière à suivre. On m’orientait alors vers la chimie, mais l’hérédité a prévalu… J’appartiens à la quatrième génération d’une lignée de pharmaciens ! Et puis la variété des matières en pharmacie offre de larges débouchés. »

  • Quelles ont été vos premières expériences en cosmétologie ?
    « Mon stage de 6e année dans un laboratoire de compléments alimentaires a débouché sur une offre d’emploi. Mais j’ai préféré poursuivre ma spécialisation en cosmétique. Pour mon stage de DESS, à Bruxelles, un fabricant de silicones m’a fait découvrir le monde des matières premières. Maîtriser leur assemblage physico-chimique pour obtenir un produit, dont la forme galénique et la fonction sont prédéfinies, a ensuite été l’objet de mon premier emploi: formulatrice dans un laboratoire multinational. Cette fonction fait appel à une méthodologie de raisonnements, d’analyses et de tests qui inclut les contraintes réglementaires et celles du conditionnement du produit fini. »

  • Après votre premier emploi en tant que formulatrice, quel poste avez-vous occupé ?
    « Mon deuxième poste était toujours dans les matières premières, mais cette fois comme technico-commerciale chez un distributeur. Ce contact direct avec les “grands” de la cosmétique fut très enrichissant. J’ai adapté mon discours à tous les niveaux d’interlocuteurs : de l’acheteur au manutentionnaire, du stagiaire au chercheur. J’en suis sortie avec une vision globale du secteur et j’ai rejoint le support technique d’un fabricant : diagnostic sur les facteurs de viscosité d’un dentifrice, chasse aux dérivés bovins en pleine crise de l’ESB… S’adapter à toutes sortes de questions et à des contraintes réglementaires drastiques fait partie du métier. »
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  • Comment avez-vous sauté le pas de la création d’entreprise ?
    « Chez ce fabricant, j’ai évolué vers le marketing. Faire rêver les industriels sur leurs produits finis, leur donner des clés sur les applications possibles des matières premières. Cette mission m’a appris à créer des discours ludiques, à introduire un peu de glamour dans la technique et m’a enrichie d’une culture de marché. Un jour, j’ai lancé une boutade à un formulateur: “Quand est-ce qu’on crée notre boîte?” Il avait justement un projet qui a révélé mon désir d’autonomie. Nous nous sommes associés et notre société est née… »

  • Quel est votre rôle au sein de cette société ?
    « Le coeur de métier de la société est la formulation, sous la responsabilité de mon associé. Mais mon parcours m’autorise à donner des impulsions créatives à notre laboratoire, à m’impliquer dans le choix des actifs d’un produit. Quand un coiffeur me décrit l’effet bouclant qu’il attend d’un spray, je connais les matières premières qui permettent d’obtenir ce résultat. Mon rôle essentiel porte sur le marketing et la communication nécessaires au développement de notre activité. Je gère les relations commerciales: recueillir et analyser les besoins des clients, transmettre leurs attentes au laboratoire, négocier les contrats… La veille et le sourcing font également partie de mes missions: collaborer avec des cabinets de tendance pour cerner la sensibilité des utilisateurs aux textures, dénicher des ingrédients issus du commerce équitable à intégrer dans la composition de produits bio… Mon métier est plein d’enseignements, très riche en contacts humains d’horizons variés. Je m’y sens comme dans un costume sur mesure que je me serais fabriqué moi-même ! »

  • Qu’auriez-vous à ajouter à l’intention des étudiants ?
    « La cosmétique est pleine d’avenir, sous l’impulsion des grandes marques mais aussi dans le courant plus confidentiel de produits élitistes ou de marques alternatives. Dans ce domaine comme dans d’autres, il faut cultiver sa curiosité et oser capter les opportunités. Les études de pharmacie donnent de sérieux atouts pour réussir dans ce sens. Le doctorat en poche, on ne sait pas tout, mais on est capable de s’adapter et de mener d’autres apprentissages dans la vie active. »

Pour aller plus loin
Devenir pharmacien en cosmétologie
L’Institut de pharmacie industrielle de Lyon (IPIL) propose un master en cosmétologie industrielle accessible à partir de la 5e année de pharmacie validée. Il forme des cadres capables de s’impliquer à tous les niveaux du développement d’un produit cosmétique ou dermopharmaceutique, depuis sa phase de conception jusqu’à sa commercialisation (R & D, contrôles, production, législation, marketing). Les facultés de Nantes et de Châtenay-Malabry proposent également un master en cosmétologie et plusieurs autres facultés des licences professionnelles dont certaines spécialisées en formulation cosmétique.

Des postes diversifiés dans l’industrie sont accessibles aux pharmaciens en cosmétologie

  • Formulation (mise en forme du produit cosmétique)
  • Toxicologie (expérimentation des nouveaux produits)
  • Assurance qualité (suivi des étapes de fabrication, prévention des contaminations)
  • Recherche et développement de nouveaux produits
  • Technico-commercial
  • Marketing, conseil et communication liés aux produits

Mise à jour : janvier 2006.
Source : Pharmag n° 7.

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